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Logo : rouleau se déroulant vers un horizon au lever du soleilPRESCIENCE
Nuit d'orage sur Ninive en 612 avant notre ère : le fleuve en crue franchit une brèche du rempart pendant que la ville brûle

Salle 04 — ACCOMPLIE

Ninive : la capitale effacée de la carte

« Il étendra sa main sur le nord et détruira l'Assyrie ; il fera de Ninive une désolation, un lieu aride comme le désert. » — Sophonie 2:13 (d'après Crampon 1904)

Reconstitution numérique — la nuit de la chute : l'eau, le feu, la brèche.

Quatre détails annoncés

  1. Une inondation débordante : « Les portes des fleuves se sont ouvertes, et le palais s'est écroulé » (Nahum 2:6 ; cf. 1:8).
  2. Le feu dévorera la ville (Nahum 3:13, 15).
  3. Une désolation aride « comme le désert » (Sophonie 2:13-15).
  4. Ninive ne se relèvera pas : « Il n'y a pas de remède à ta blessure » (Nahum 3:19).

La capitale devenue colline

Faites glisser le curseur : à gauche, Ninive à son apogée, il y a 2 600 ans ; à droite, ses monticules aujourd'hui.

Porte monumentale de Ninive gardée par deux taureaux ailés à tête humaine, à l'âge d'or assyrien Monticules herbeux de Kuyunjik et porte fouillée, Ninive aujourd'hui au lever du soleil

Reconstitutions numériques — les taureaux ailés (lamassu, en assyriologie) gardaient réellement les portes des palais assyriens ; plusieurs sont au British Museum et au Louvre.

2 400 ans de silence

612 av. n. è.

La chute

Babyloniens et Mèdes prennent la ville après un long conflit ; les palais brûlent.

Vers 401 av. n. è.

On passe sans savoir

Le Grec Xénophon longe les ruines avec ses mercenaires (Anabase, III.4). On lui parle d'une ville disparue ; il ne connaît même plus son nom.

XIXᵉ siècle

La redécouverte

Botta (1842-1843) puis Layard (à partir de 1845) exhument palais et bas-reliefs : Ninive ressort de terre après environ 2 400 ans d'oubli.

Les pièces à conviction

FAIT ARCHÉOLOGIQUE

La Chronique de la chute de Ninive

Tablette babylonienne qui raconte, année par année, la guerre finale contre l'Assyrie et la prise de Ninive en 612 av. n. è. Les fouilles ont retrouvé les couches d'incendie des palais.

British Museum, Londres, n° BM 21901 — fiche officielle.

DÉBATTU

Le rôle exact de la crue

Diodore de Sicile (Bibliothèque historique, II.26, 27), écrivant des siècles plus tard d'après des sources plus anciennes, raconte que le fleuve en crue (le Khosr) abat une partie du rempart. Que l'inondation ait été l'événement décisif de la brèche est plausible au vu du terrain, mais débattu : ce musée affiche le détail comme tel, sans le gonfler. L'eau de Nahum 2:6, le feu des couches d'incendie et l'abandon définitif, eux, ne font pas débat.

Écouter la salle

Transcription de la narration

Ninive, capitale de l'empire le plus redouté du monde antique, devait selon un petit livre prophétique tomber par l'eau et par le feu, puis devenir une désolation aride qui ne se relèverait jamais. En 612 avant notre ère, Babyloniens et Mèdes la prennent ; ses palais brûlent. Deux siècles plus tard, un général grec passe près de ses ruines sans pouvoir les nommer. Il faudra attendre le dix-neuvième siècle pour que les archéologues exhument ses palais. Faites glisser le curseur de cette salle : la capitale du monde devient, sous vos yeux, une colline d'herbe. Retournez ensuite les deux cartes de cette salle. La première présente la chronique babylonienne de la chute, conservée à Londres. La seconde vous montre, en toute honnêteté, le seul détail que les spécialistes discutent encore : le rôle exact de la crue du fleuve dans la brèche du rempart.

Mais certains disent… « Ninive a été retrouvée, donc elle n'était pas vraiment perdue. »

Retrouvée… au XIXᵉ siècle, sous des collines d'herbe. C'est exactement ce qu'annonçaient Nahum et Sophonie : non pas que la terre deviendrait invisible, mais que la capitale du monde deviendrait une désolation aride qui ne se relèverait jamais comme ville. Pendant environ 2 400 ans, des armées entières — dont celle de Xénophon — sont passées sur ses ruines sans pouvoir la nommer. Ni Babylone, ni Tyr, ni Jérusalem n'ont connu un effacement aussi complet.

Salle suivante : Édom, Égypte, Philistie