DÉBATTU
« Écrit après coup » — l'objection principale
Parce que la séquence bélier → bouc → quatre royaumes → persécuteur du sanctuaire épouse si bien l'histoire de 539 à 164, la critique dominante date la rédaction finale de Daniel des années 167-164 : la vision serait de l'histoire déguisée, précise jusqu'à Antiochos IV, puis générique ensuite. La salle 01 a montré l'état du dossier des copies (dont 4Q114, datée par Enoch vers 230-160, fourchette discutée) : la copie ne peut pas être très postérieure à la crise maccabéenne — ce qui resserre le débat sur quelques décennies, sans le clore.
DONNÉE HISTORIQUE
Alexandre à Jérusalem : une tradition, pas un fait
Josèphe raconte (Antiquités XI) qu'Alexandre, venu à Jérusalem, se vit montrer la prophétie de Daniel annonçant qu'un Grec renverserait l'empire des Perses. L'épisode n'apparaît chez aucun historien d'Alexandre (Arrien, Diodore, Plutarque se taisent) et la plupart des spécialistes le tiennent pour légendaire. Le musée le conserve à sa vraie place : un témoignage de la façon dont on lisait Daniel au Ier siècle — pas une pièce du dossier de datation.
DÉBATTU
« 2 300 soirs et matins » (8:14)
La durée de la désolation du sanctuaire est lue soit comme 2 300 jours (environ six ans et quatre mois), soit comme 2 300 sacrifices — matin et soir — soit 1 150 jours (environ trois ans), durée proche de la profanation d'Antiochos (167-164). Les deux lectures ont leurs défenseurs ; la salle affiche le débat au lieu de choisir en silence, et ne fonde rien sur ce chiffre seul.